«N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question.» Simone de Beauvoir.
Les anti-avortement appellent à manifester aujourd’hui, dopés par la décision de l’Espagne de restreindre le droit à l’IVG.
Alors je m'interroge. Allons-nous vraiment ré-ouvrir un débat sur la légalisation de l'avortement en France ? Oui, car rien n'est jamais acquis, même les droits les plus essentiels. Oui, car le contexte européen nous oblige à réaffirmer ce droit fondamental pour les femmes. Oui, car la loi de 1975 contient des failles exploitées par les associations pro-vie.
C'est d'ailleurs pour cela que le projet de loi pour l'égalité hommes-femmes propose une réécriture de la loi Veil. Demain, 20 janvier, l'Assemblée nationale se prononcera sur la suppression d’une notion peu connue de la loi de 1975. En effet, la loi légalisant l'IVG prévoit que seule « la situation de détresse » justifie l'interruption volontaire de grossesse. Dans le cadre du projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes, un amendement socialiste propose de remplacer cette phrase par : « La femme enceinte qui ne veut pas poursuivre une grossesse » peut demander à un médecin son interruption. Ce projet cherche également à étendre le "délit d'entrave à toute information dissuasive" contre l'avortement. Ce changement suscite de vives réactions de la part des opposants historiques à l'avortement (associations religieuses, pro-vie) et de certains députés de l'opposition. Ces derniers cherchent à fédérer les "anti", les "réacs" de tous bords dans l'optique d'engranger des voix aux prochaines municipales... ça promet !
En réponse aux anti-IVG, des féministes françaises appellent à manifester aujourd'hui , pour réaffirmer la volonté de protéger le droit des femmes à disposer librement de leur corps. Rendez-vous Place Henri Langlois (métro place d’Italie) à 14h !