"Je refuse le terrorisme intellectuel qui consiste à toujours diviser la droite pour faire gagner la gauche." C’est par cette phrase que Nicolas Dupont-Aignan, en déplacement à Béziers, a justifié son soutien au candidat Robert Menard. Les mots ont été soigneusement choisis. Quand NDA parle de rassemblement des droites, il inclut le Front National et participe à la banalisation de fait de ses idées. Le ralliement de ce gaulliste auto-proclamé surprend à peine tant il a multiplié les appels du pied à Marine Le Pen depuis quelques mois. Le cas de NDA est particulier. Il est un candidat perpétuel aux élections présidentielles. Il ne vit que pour cette échéance et n’existe que par elle. Entre temps, il a donc besoin de créer le buzz pour exister. Le problème est qu’il adoube un candidat aux amitiés plus que douteuses. Un candidat qui justifie toutes ses prises de position par la liberté d’expression. Un candidat qui se présente avec le soutien de tout l’appareil frontiste. On aurait pu penser que ce soutien d’un parti de droite dite républicaine à un candidat bleu marine était un cas isolé. Mais les récentes déclarations de François Fillon indiquent une tactique réfléchie.
Le rapprochement entre François Fillon et le parti de Marine Le Pen est plus emblématique du problème actuel de la droite française. Cet homme qui se voulait centriste au moment des primaires UMP a viré à droite toute pendant l’été. La raison ? Les élus municipaux qui font un calcul simple : ils ont besoin du FN pour se maintenir en place ou pour espérer prendre une mairie. La justification de notre ancien premier ministre est particulièrement étrange. Il prend le sectarisme comme curseur et pointe les bons et les mauvais candidats. Il suppose donc qu’un socialiste peut être plus sectaire qu’un élu frontiste ciblant les immigrés…
Et pendant ce temps là au Front National on compte les points …